Ordination Prebytérale Cathédrale de Ouagadougou

03 Juillet 2010
mardi 4 janvier 2011
par  Ab Joseph KINDA
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- Excellence Mgr Jean-Marie COMPAORE
- Chers Frères et sœurs en Christ,
- Et vous, bien chers élus de ce jour,

« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles aux cieux, dans le Christ » (Eph. 1,3).

Oui ! Avec l’Apôtre Paul, toute l’Eglise Famille de Dieu qui est à Ouagadougou accueille dans la joie et l’action de grâce le don merveilleux de 17 prêtres dont 6 diocésains et 11 religieux. Au nom de notre Eglise Famille diocésaine, j’adresse une chaleureuse bienvenue à tous ceux qui ont fait le déplacement pour prendre part à cet événement ecclésial de grande importance : Les autorités administratives, politiques, législatives et judiciaires, coutumières et religieuses ; Tous les prêtres, religieux, religieuses, catéchistes et les fidèles laïcs massivement représentés ; Les supérieurs majeurs des congrégations concernées par les présentes ordinations sacerdotales ; Les parents, amis et connaissances des 17 ordinands.

A toutes et à tous, j’adresse un salut cordial et une sincère gratitude pour votre présence réconfortante, votre généreuse solidarité et votre fervente prière. Le Maître de la Moisson nous donne de célébrer ce soir, en cette Cathédrale, des ordinations presbytérales pour le service de l’Evangile, pour donner à son Peuple des pasteurs selon son cœur. Ensemble célébrons l’heureux événement dans l’action de grâce, dans l’espérance et la méditation de sa réalité sacramentelle que je voudrais aborder avec vous sous une double dimension :  La consécration sacerdotale  La vie et la mission du prêtre

I- LA CONSECRATION SACERDOTALE

Dans l’Eglise-Famille de Dieu, à l’instar des Rois, des Prophètes ou des Apôtres, certains baptisés sont choisis et mis à part pour appartenir totalement au Seigneur et être consacrés à son œuvre, à son service. Ainsi, comme l’exprime si bien l’auteur de l’Epître aux Hébreux, tout prêtre est « pris au milieu des hommes et établi en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu, afin d’offrir des sacrifices pour les péchés » (Hb. 2,17). Le baptême constitue la première consécration qui incorpore le baptisé à l’Eglise, le configure au Christ mort et ressuscité et le rend capable de servir Dieu dans une participation vivante à la Sainte liturgie, dans le témoignage d’une vie sainte et d’une charité efficace (cf. L.G. 10 ; Rm 8,29 ; 1 Cor. 6,19). Le baptême donne part au sacerdoce commun des fidèles qui exige de tous les baptisés la révélation du visage d’amour, de justice, de miséricorde du Christ à travers la « gérance des choses temporelles ». Dans l’exercice du sacerdoce commun, les fidèles doivent, s’ils veulent vraiment, garder leur identité propre, prendre leurs responsabilités dans la vie du monde en y faisant pénétrer l’esprit de l’Evangile (cf. LG 31-32). Quant à l’ordination sacerdotale, elle constitue un sacrement qui marque le prêtre d’un caractère spécial, d’un don particulier qui le rend semblable au Christ. L’imposition des mains de l’Evêque et des prêtres présents avec la prière consécratoire constituent les signes visibles de la consécration sacerdotale. Cette consécration implique un appel gratuit de Dieu : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis et institués… » (Jn 15, 16) ; c’est donc une élection qui engage la personne humaine dans la profondeur de son être de manière irrévocable. Il est conféré à celui qui est ordonné un pouvoir « sacra potestas » (L.G. 10) ; qui le configure au « Christ-Prêtre », Tête du Corps, Bon Pasteur… pour agir en son nom « in persona Christi captis », c’est-à-dire, « au nom » ou « à la place » du Christ. Tout prêtre est un « sacrement du Christ », c’est-à-dire un instrument et un signe vivant du Christ lui-même, en personne, dans l’identification spécifique sacramentelle au Grand Prêtre de l’Alliance éternelle. La configuration ou la ressemblance au Christ comporte des signes et engagements concrets, explicités, par les conseils évangéliques, joyeusement assumés et vécus dans l’obéissance, la pauvreté, et la chasteté, dans le célibat… pour le Royaume des Cieux. Ces conseils évangéliques, fidèlement vécus à la suite du Christ, constituent un chemin royal pour parvenir à la perfection de la charité pour le service du Royaume de Dieu et le salut du monde.

II- VIE ET MISSION DU PRETRE

La Mission : Dans sa constitution dogmatique sur l’Eglise, le Concile Vatican II précise clairement la Mission des prêtres. Collaborateurs privilégiés des Evêques, les prêtres sont consacrés pour être les pasteurs des fidèles, pour prêcher l’Evangile et pour célébrer le culte divin (L.G. 28). Il leur revient donc d’enseigner, de conduire et de sanctifier tous les hommes… « Allez par le monde entier, prêchez l’Evangile à toute la création » (Mc 16, 15). Leur tâche première est de prêcher, faire naître et grandir le Peuple de Dieu ; en célébrant et en administrant les sacrements, le prêtre rend le Christ présent, vivifie et rend participant à la vie divine… Et exerçant la charge du Christ chef et Pasteur, les prêtres, au nom de l’évêque, rassemblent la famille de Dieu et la conduisent au Père. En outre, l’annonce de l’Evangile et le service des hommes demandent que les prêtres soient solidaires des communautés humaines et chrétiennes au sein desquelles ils vivent : « sel, levain, lumière », artisans de justice et de paix, pasteurs d’espérance… Véritables ferments du monde nouveau. Dans une telle perspective, eu égard à notre Afrique, en pleine mutation socio-culturelle et politique, saturée de problèmes épineux tels la pauvreté généralisée, la mauvaise administration des rares ressources disponibles, les guerres, la corruption, l’impunité… etc…

Quelles attentes et quel rôle spécifique n’assigne-t-elle pas à ses Prêtres, à tous ses agents pastoraux ? Le Prêtre africain devrait être un porteur d’espérance, et d’optimisme, la voix des sans-voix, résolument situé du côté des opprimés, des marginalisés, des petits et aider les populations à se prendre en main, à rassembler ses énergies pour le bien commun, la justice et la paix… Des prêtres, hommes de leur peuple… levain dans la pâte, toujours animés de la charité du Christ, vrai pasteur de tous… tout à tous !!! La liste ne saurait être exhaustive ! Bref, la fin ultime que les Prêtres poursuivent dans leur ministère et dans leur vie, c’est faire grandir la gloire de Dieu, c’est faire avancer les hommes dans la vie divine (cf. MVP, n°2).

La vie du Prêtre Chers frères et sœurs, bien chers ordinands, nous l’avons fortement souligné : le prêtre est choisi, consacré et envoyé comme représentant du Christ. Et c’est là une mission redoutable comme l’attestent les textes bibliques de notre cérémonie de ce soir : « Ah ! Seigneur, disait Jérémie, je ne sais pas porter la parole… je suis un enfant… » (Jr 1,8). Pour sa part, Saint Paul, investi de son ministère apostolique fait un constat applicable à tout élu : « Ce trésor, nous le portons en des vases d’argile pour qu’on voie bien que cette extraordinaire puissance appartient à Dieu et ne vient pas de nous » (2 Cor. 4,7). De nos jours, nous sommes tous témoins des agressions contre l’Eglise par des accusations graves de certains prêtres dans leur vie morale. Cela pourrait inquiéter les jeunes désireux de répondre « oui » au Seigneur pour être prêtre, religieux, religieuse au service de Dieu et des hommes. Il est évident que l’Eglise peut souffrir des péchés de certains de ces membres qui sont des « vases d’argiles ». L’Eglise est éprouvée, mais elle ne sera jamais ébranlée par les « forces de l’enfer » dont les accusateurs et ennemis de tout bord sont des échos évidents. Bien chers ordinands « n’ayez pas peur », car le Christ a vaincu le mal et la mort. Il est ressuscité et il est à jamais vivant ; les forces de l’enfer « ne prévaudront jamais contre son Eglise avec qui il est jusqu’ç la fin des temps. Pour vous, comme pour tous les prêtres, la réplique la plus pertinente consiste à réaliser davantage que notre force vient de Dieu et réside en Dieu seul. Aussi convient-il que tout prêtre cultive sans cesses en lui, jour après jour, année après année, sans interruption ni fatigue, avec une constante vigilance, des dispositions essentielles, au nombre desquelles j’en retiendrai deux :
- Repartir sans cesse du Christ
- Tendre sans cesse à la sainteté.

Repartir sans cesse du Christ Au début du nouveau millénaire, dans sa Lettre apostolique intitulée « Novo millenio ineunte », le Pape Jean-Paul II trace pour l’Eglise, notamment pour tous les agents pastoraux, un chemin, des voies et moyens pour réussir notre mission, pour avancer au large – « Duc in altum ». Le Pape nous invite à repartir du Christ, à contempler sans cesse le visage du Christ. C’est dans les profondeurs de la contemplation que nous découvrons la gloire de Dieu qui est le visage du Christ (cf. 2 Co. 4,6). « Avant que tu sois sorti du sein, je t’ai consacré » (Jr. 1,5). « Va…, n’aie aucune frayeur… car je suis avec toi » (Jr. 1,8). Ces paroles du Maître ne sauraient rester vaines. Il importe donc que le prêtre reparte sans cesse du Christ. Il ne doit jamais miser, ni sur lui-même, ni sur les hommes, ni sur les valeurs de ce monde qui passe… mais sans cesse sur Dieu… Le Prêtre doit contempler le visage du Christ pour être rempli d’énergie spirituelle pour la mission qui lui est confiée. Et, disons-le, seule l’expérience du silence intérieur, et la prière régulière, confiante, persévérante, ouvrent le cœur à la connaissance, à l’amour de Dieu ainsi qu’à l’amour des frères et sœurs, et rendent capable de se donner totalement, radicalement pour la cause du Royaume, pour le salut du monde (T.M. I. 35).

Tendre sans cesse à la sainteté « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48). Ainsi tous les baptisés sont appelés à la sainteté et à la mission. Et le Concile rappelle fortement que « par leur vocation et par le sacrement de l’ordre, les prêtres ont été consacrés à Dieu d’une manière nouvelle, pour être les instruments vivants du Christ, Prêtre éternel… Dès lors qu’il tient la place du Christ en personne, tout prêtre est, de ce fait, doté d’une grâce particulière pour être apte de tendre par le service des hommes, vers la perfection de celui qu’il représente » (P.O. n°12). C’est dire que tout prêtre n’est authentiquement missionnaire que s’il s’engage sur la voie de la sainteté… A travers le témoignage de la charité, on est missionnaire par ce qu’on est, avant de l’être par ce qu’on dit ou ce qu’on fait.

Le premier lieu de la sanctification du prêtre, c’est d’abord le ministère sacerdotal, exercé en communion avec l’évêque et les autres prêtres (P.O. n°13). Avant d’enseigner, il se doit d’accueillir et de vivre la Parole qu’il doit proclamer. Ministre de la sanctification, il doit s’efforcer de « faire mourir en lui-même les œuvres de la chair » et se garder de se conformer au monde présent, et éviter de se confondre et de se conformer au monde présent caractérisé par l’affairisme, la poursuite frénétique de l’argent, du plaisir sexuel, du pouvoir… etc… Guide et Pasteur du Peuple à l’exemple du Maître, le prêtre doit quotidiennement donner totalement et radicalement sa vie pour ses brebis jusqu’à la mort (Jn 10, 11). Comme vous le voyez, aucun prêtre ne peut exercer pleinement son ministère avec fruits s’il ne vit pas en union avec le Christ, dans la prière, la méditation, vivre selon la volonté de Dieu, et s’il n’est pas animé de l’amour vrai de Dieu et des hommes. « L’Homme contemporain, nous confie le Pape Paul VI, écoute plus volontiers les témoins que les Maîtres et s’ils écoutent les Maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins » (E.N., n°43). C’est dire que les hommes et les femmes attendent non seulement qu’on leur « parle » du Christ, mais surtout qu’on le leur fasse « voir ». En d’autre terme, on attend du prêtre qu’il soit une icône, un miroir qui reflète le Christ et son amour rédempteur. Toute l’existence et la vie du prêtre devraient crier Jésus-Christ et Jésus-Christ seul. Frères et sœurs, puissions-nous, chacun selon sa vocation spécifique dans l’Eglise, pouvoir dire avec l’Apôtre Paul : « Si je vis, ce n’est plus moi, mais le Christ qui vit en moi » (Gal. 1. 20). En guise de conclusion, Faisons de la présente célébration eucharistique une louange et une action de grâce pour l’année sacerdotale voulue par le Pape Benoît XVI en vue de contribuer au renouveau spirituel des prêtres pour « un témoignage plus vigoureux et plus incisif » dans l’Eglise et dans le monde d’aujourd’hui. En cette année sacerdotale qui se clôture dans notre Archidiocèse par les présentes ordinations presbytérales, tournons-nous vers la Vierge Marie modèle parfait de toute vie apostolique, sacerdotale… Confions nos nouveaux prêtres à sa protection maternelle. O Marie, reine des Apôtres, accueille et accompagne nos prêtres diocésains et religieux dans le don total de leur vie. Protège leur croissance et leur ministère. O Marie, Etoile de l’Evangélisation, garde-les dans ton cœur et dans l’Eglise, obtiens pour eux, la docilité et la fidélité à leur vocation. O Marie, confie-les à ton Fils, Jésus-Christ, dans l’Esprit Saint, pour la Gloire du Père et pour le salut du monde. Amen !

+Philippe OUEDRAOGO Archevêque Métropolitain de Ouagadougou


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Finale karaoké 2010 des enfants

mardi 7 septembre 2010

La radio Ave Maria à Ouagadougou va avoir la finale du karaoké qu’elle a organisé pour les enfants ces vacances-ci. La dite finale aura lieu à Reem-Doogo sis à Gounghin, le dimanche 12 septembre à 15 heures. A cette occasion plusieurs artistes ont été invités. Rappelons que la marraine de l’événement est Toussy, la coqueluche de la musique moderne religieuse catholique dans notre Eglise Famille.

Sur le Web : http://