Homélie du Nonce Apostolique, Mgr Vito Rallo

nuit de Noel à la cathédrale de Ouagadougou
lundi 24 décembre 2012
par  Ab Joseph KINDA
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- Chers frères et sœurs,

- Ne-y taabo !
- Wênd na/ kôd vêere !

En cette nuit solennelle de la Nativité de Notre Seigneur, ce message du prophète d’Isaïe raisonne encore avec force à nos oreilles et dans notre cœur : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre une lumière a resplendi. Tu as prodigué l’allégresse, tu as fait grandir la joie  ».

Lorsque le Prophète donnait son message, vers 732 avant Jésus-Christ, Israël était un peuple dans la douleur, sous l’humiliation et la honte. Le roi d’Assyrie venait en effet de détruire le royaume du nord, emmenant en esclavage une grande partie de la population, hommes et femmes, jeunes et vieux, comme un troupeau, dans les chaînes et sous la férule humiliante.

C’est donc à un peuple meurtri et blessé, aussi bien dans sa chair que dans sa dignité, au cœur d’une situation humainement sans issue, que le Prophète adresse ces paroles pleines de réconfort mais aussi de paradoxe : « Le joug qui pesait sur eux, le bâton qui meurtrissait leurs épaules, le fouet du chef de corvée, tu les as brisés comme au jour de la victoire sur Madiane ».

Dans un contexte d’esclavage et d’oppression, c’est dans une assurance qui défie toute logique et tout bon sens humains que le Prophète annonce un lendemain inattendu, un futur inespéré, un avenir indicible. Il annonce une aube toute nouvelle : l’aube de la liberté retrouvée, l’aube de l’intégrité territoriale recouvrée, l’aube de la paix restaurée.

Mais – grande surprise ! – ce message aux promesses qui dépassent toute espérance est comme suspendu à la paradoxale figure et à l’hypothétique destin d’un enfant : « Oui ! Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom : ‘Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix’. Ainsi le pouvoir s’étendra, la paix sera sans fin pour David et pour son royaume. Il sera solidement établi sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours  ».

Dans l’évangile, la réalisation de cette prophétie et de cet événement sans précédent, c’est-à-dire, la naissance du Sauveur tant attendu et tant espéré, en contraste avec l’exubérante euphorie des anges et l’empressement des bergers, se ramène aussi à l’humble figure d’un tout petit enfant, entouré de parents aussi démunis que lui, couché dans une mangeoire, grelotant sous un froid d’hiver, dans la discrétion d’une pauvre étable.

Rien qu’un enfant, un tout petit enfant, tout fragile, paradoxe des signes de l’amour, paradoxe des manières de Dieu quand Il vient vers l’homme. Et pourtant, comme en tout enfant c’est une vie nouvelle qui commence, c’est là, dans cette étable, en ce petit enfant, sans fard et sans arme, que le destin de toute l’humanité reçoit une orientation toute nouvelle : « Ne craignez pas car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui vous est né un Sauveur  ». C’est Lui, précise Saint Paul, « La grâce de Dieu […] manifestée pour le salut de tous les hommes  ». JPEG - 58.9 ko

Mais, c’est Saint Jean qui nous révèle les conséquences inouïes de cette inimaginable générosité de Dieu : « … tous ceux qui l’ont reçu, écrit-il, ceux qui croient en son nom, il leur a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12). Recevoir Jésus et croire en Lui, c’est recevoir la possibilité de devenir enfants de Dieu, dans une existence toute nouvelle, une existence renouvelée par la force de sa présence et de son amour. « Voilà ce que fait l’amour invincible du Seigneur de l’univers » (Is. 9, 6).

Chers Frères et Sœurs,

Autrefois c’était Israël, ce peuple qui marchait dans les ténèbres et qui habitait le pays de l’ombre. Mais aujourd’hui, ne serait-ce pas notre monde, quelquefois sombre de tant de mauvaises nouvelles et sous les convulsions d’une histoire terne et agitée ? Ce pays qui marchait dans les ténèbres, n’est-ce pas aussi ces familles, nos familles humaines, qui, au travers des mille épreuves de la vie et du quotidien, finissent quelquefois par perdre la joie de vivre, le courage de continuer le chemin, les chemins de l’entente, du dialogue et du pardon ? Ce pays de l’ombre et de l’opprobre, n’est-ce pas aussi nos cœurs d’hommes et de femmes, quelquefois sans espérance, las de vivre, devenus incapables d’aimer, incapables de pardonner, incapables d’espérer ? Cet Israël de l’occupation, n’est-ce pas en définitive le cœur de l’homme, prisonnier du mal et du péché ?

Mais, en cette nuit de Noël, et comme autrefois, aux pas humbles et discrets d’un enfant, c’est Dieu Lui-même qui vient au creux de nos nuits et de nos impasses humaines pour nous dire que tout est encore possible, pour nous dire que rien n’est perdu de nos attentes les plus profondes et de nos rêves les plus sublimes.

Mais comment y parvenir ?

Comme autrefois, la joie de Noël devient possible là où il y a un cœur, comme celui de Marie, qui dit « oui » à la Parole, qui L’accueille et qui Lui laisse le temps et le soin de déployer toute sa fécondité : fécondité de paix, fécondité de joie, fécondité d’amour. Comme autrefois dans l’Israël d’alors, la joie de Noël devient possible là où il y a un cœur comme celui de Joseph, prêt à se laisser bousculer par l’inattendu de Dieu quand Celui-ci nous surprend au détour des événements qui semblent parfois nous arracher l’essentiel, toutes nos raisons de vivre. Et enfin, comme autrefois en cette nuit de l’indifférence humaine, la surprise de Noël devient possible là où il y a des cœurs qui veillent, avec ténacité, au creux de la nuit de nos vies humaines, comme les bergers, des cœurs qui désirent et attendent autre chose. Comme autrefois, chers frères et sœurs, cette joie inespérée de Noël donne sa mesure là où il y a des cœurs pauvres, pauvres comme l’étable de Bethléem, seul endroit où il y avait de la place pour Marie et son Enfant, pauvres comme les bergers qui peuvent tout abandonner pour partir tout de suite, pauvres de cette pauvreté qui est l’expression de la conviction profonde que l’homme a besoin de Dieu et des autres pour vivre et survivre. Oui, la joie de Noël devient possible là où les cœurs s’ouvrent à la solidarité, au partage et au pardon.

Chers frères et sœurs, l’enfant, ce petit Enfant accueilli et aimé est l’unique mystère qui donne raison à tous nos rêves ; Il est l’unique qui donne sens à tous les vœux que nous échangerons en ces jours de fêtes. Alors, en cette nuit de Noël, et dans la perspective des fêtes de fin d’année, que puis-je vous souhaiter de meilleur sinon la grâce d’accueillir, dans la foi, au creux de nos vies, ce Petit Enfant, ensemencé comme une graine dans nos cœurs par cette célébration de la Nativité et par le sacrifice eucharistique. Que sa douce et rayonnante présence rallume en chacun de vous cette joie de vivre pour Dieu et pour les autres, et que son amour vous fortifie et illumine chaque instant de notre vie. Amen !

- Ne-y taabo !
- Wênd na/ kôd vêere !

Vito RALLO Archevêque tit. d’Alba Nonce Apostolique


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Finale karaoké 2010 des enfants

mardi 7 septembre 2010

La radio Ave Maria à Ouagadougou va avoir la finale du karaoké qu’elle a organisé pour les enfants ces vacances-ci. La dite finale aura lieu à Reem-Doogo sis à Gounghin, le dimanche 12 septembre à 15 heures. A cette occasion plusieurs artistes ont été invités. Rappelons que la marraine de l’événement est Toussy, la coqueluche de la musique moderne religieuse catholique dans notre Eglise Famille.

Sur le Web : http://